"14 juillet 1882, premier numéro de L'Auvergnat de Paris,
journal des
émigrants du Centre :

"L'Auvergnat de Paris est né, et il est né viable.
C'est tout
armé qu'il est sorti d'un cerveau têtu d'Auvergnat".
Celui d'un Cantalien, né en 1856, à Aurillac : Louis Bonnet est le fils d'un
journaliste-imprimeur de la capitale géraldienne, qui comme beaucoup de ses compatriotes, "monte" à Paris pour gagner sa vie. Se lançant dans le journalisme politique, il a, à 26 ans, l'intuition
géniale de fédérer le petit peuple auvergnat de Paris, de cette fin du XIXe siècle, les bougnats. Avec comme cri de ralliement : "Tout pour l'Auvergne". Natifs des hautes terres aux confins du
Cantal, de l'Aveyron et de la Lozère, d'origine paysanne, avec peu d'instruction et la foi catholique, ils sont assez différents de l'intellectuel citadin et
du politicien anticlérical qu'est Louis Bonnet. Mais un même amour de la terre nourricière du Massif central les réunit. Le journal, paraissant tous les vendredis, comporte quatre pages et le
lecteur peut découvrir la politique, la littérature, les faits divers, sous la plume de personnalités auvergnates prestigieuses, comme Jules Vallès. Pour un prix d'abonnement à l'année de 3
francs. En 1900, le journal se présente sur quatre pages et il est vendu 15 centimes...
Ce qui fait la force et l'âme du journal, c'est le réseau de correspondants de chaque village du Massif central, qui se constitue peu à peu. Chaque semaine,
des menus événements sont publiés dans les colonnes : on est au courant de tout, sans quitter Paris. Déjà à l'époque, sept départements sont couverts : l'Aveyron, le Cantal, la Corrèze, la
Haute-Loire, le Lot, la Lozère et le Puy de Dôme. Au début, certains se montrent un peu surpris d'être étiquetés "auvergnats", mais très vite, ils en sont fiers" (...)
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